7 janvier 2015. Il y aura avant et après cette date.

Ce sont des vigies qui sont tombées hier, des gardiens de notre liberté, de nos libertés, individuelles et collectives, au-delà même de nos frontières. Chacun de nous, sur l’ensemble de la planète, est visé à travers ces meurtres, les balles nous ont atteints autant que les victimes d’hier.
Je ressens viscéralement la douleur des morts ; je suis atteint dans les fondements de mon pays, et de tout pays libre et démocratique. Car c’est ma liberté, ma liberté de pensée, ma liberté d’exprimer ma pensée, ma liberté de débattre, ma liberté de me battre, ma liberté de résister, ma liberté de ne pas me battre ou de ne pas résister, ma liberté de vivre comme je l’entends dans le cadre de ma république, ma liberté d’être moi-même, ma liberté de croire en ce que je veux, ma liberté de ne croire en rien, ma liberté d’être en colère, ma liberté d’exprimer ma colère, ma liberté de compassion, ma liberté d’amour selon mes désirs, ma liberté d’indifférence, ma liberté de haine selon mes dégouts, car ce sont ces libertés, et tant d’autres, sur lesquelles ces assassins ont fait feu.

Résistance.

Dignité.

Résistance à l’intimidation, à la menace, à la peur. C’est le minimum que nous puissions faire. Et le faire savoir. Car nous en avons la liberté. Comme celle de ne pas résister et fléchir. Comme celle de se plaindre quand nos libertés s’amoindriront. Toutes libertés fondamentales et essentielles.
Dignité dans nos peines et nos colères. Nous sommes libres de manifester nos chagrins et nos colères. En restant dignes et calmes. Le regard droit. Fiers de ce que nous sommes, qui que nous soyons, chacun d’entre nous.

Cette atrocité nous donne une chance unique : l’opportunité de prendre conscience que la liberté est un combat contre la barbarie, l’oppression, la bêtise, l’obscurantisme, le panurgisme, la bien-pensance, l’obséquiosité, la veulerie, le faux-cul-isme, l’envie, la jalousie, la peur, la haine… ; que sa sauvegarde implique des efforts de chacun au quotidien, que défendre la liberté de son prochain est défendre notre propre liberté.

La liberté ne s’use que si l’on ne s’en sert pas.

 

« Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. ».

Benjamin Franklin, 1785–1788.

 

Paix et liberté semblent définitivement incompatibles.

La paix sans la liberté ne vaut rien.

Je préfère la liberté à la paix.

Je suis Charlie.